Prendre soin d’un parent vivant avec un déficit cognitif : comment la fille d’une résidente a retrouvé la sécurité et la tranquillité d’esprit

Lorsque Jill parle de sa mère, Rianne, 84 ans, elle ne commence pas par ce qui a changé chez elle, mais par ce qu’elle a toujours été. Jill la décrit comme « extraordinaire », le genre de personne attentive aux détails, qui aime que les choses soient faites d’une certaine manière et qui possède beaucoup de personnalité ainsi qu’un charme indéniable.

Jill et Rianne posant avec le père Noël lors d’une célébration des Fêtes dans une résidence pour aînés« Ma mère est ma meilleure amie, affirme-t-elle sans hésiter. Toute ma vie, nous nous sommes parlé de deux à trois fois par jour, peu importe où elle se trouvait dans le monde. »

Les changements chez sa mère se sont manifestés graduellement : l’oubli de l’une de ses recettes favorites, un objet égaré ou une réaction inhabituelle. Ces écarts, anodins au départ, sont devenus plus difficiles à ignorer avec le temps.

« Elle en est venue au point où elle ne savait plus cuisiner, se souvient Jill. Elle ne savait même plus comment allumer la cuisinière. »

L’anxiété croissante, la frustration et les moments déconcertants sont devenus de plus en plus courants pour Rianne. Les nuits étaient agitées et les journées, imprévisibles.

Pour Jill, aider sa mère à faire face à ce qu’elle savait être un déclin cognitif n’était pas seulement difficile, c’était un effort de tous les instants.

« Chaque fois que je la voyais, j’étais sur le qui-vive, a-t-elle confié. Je ne savais jamais à quoi m’attendre en arrivant chez elle. »

Jill a tout pris en charge, malgré les besoins croissants de sa mère. Elle gérait ses rendez-vous, restait en contact constant avec elle et faisait tout son possible pour assurer sa sécurité, mais la fatigue émotionnelle s’accumulait.

« Je ne dormais plus et je me sentais anxieuse. Je ne me reconnaissais plus, raconte-t-elle, encore marquée par cette période difficile.

La complexité de la situation et les risques augmentant, Jill a compris que sa mère devait changer de cadre de vie. Elle a commencé à visiter des résidences pour aînés, à la recherche d’un lieu qui convienne à sa mère. Plusieurs ne lui ressemblaient tout simplement pas.

Puis, elle est entrée chez Chartwell Waterford, à Oakville (Ontario).

« Dès mon arrivée, j’ai remarqué l’ambiance. J’avais l’impression d’être dans un club social, et non dans un établissement de soins », dit-elle.

Cette impression était loin d’être anodine. Rianne avait déjà été membre d’un club de golf en Floride, également appelé Waterford. Jill savait que l’ambiance familière de la résidence rappellerait à sa mère ce bon souvenir. Rianne continue d’ailleurs d’utiliser ce terme pour parler de son nouveau cadre de vie.

« Elle me dit qu’elle est en bas, au club, raconte Jill en souriant. Pour moi, c’est parfait. »

Jill savait qu’elle devrait gérer l’emménagement avec finesse. Elle a organisé toute la transition en une seule journée : pendant que Rianne magasinait avec d’autres membres de la famille, Jill et ses assistants ont installé ses effets personnels dans son appartement, recréant autant que possible un environnement familier, et ce, de l’emplacement des meubles jusqu’aux moindres détails. Lorsque Rianne est arrivée dans sa nouvelle résidence, tout était déjà en place.

« Je voulais que ma mère se sente chez elle dès qu’elle mettrait les pieds dans son nouvel appartement », explique Jill, convaincue que c’était la meilleure façon de faciliter la transition.

Ensuite est venue une décision tout aussi importante que celle de l’emménagement : Jill allait prendre du recul en tant que proche aidante pour la première fois depuis longtemps.

« J’ai pris de courtes vacances entre amis pour souffler un peu, raconte-t-elle. Je devais aussi laisser à ma mère le temps de s’acclimater. »

La pause n’a pas été facile. Après quelques jours seulement, les émotions l’ont rattrapée.

« J’ai pleuré pendant une journée entière. Tout est sorti. »

Mais sous cette vague d’émotion se trouvait quelque chose qu’elle n’avait pas ressenti depuis un long moment : le soulagement de savoir que sa mère était en sécurité.

Au cours des semaines et des mois qui ont suivi, les choses se sont replacées. L’anxiété et l’imprévisibilité quotidiennes ont diminué, tant pour Rianne que pour Jill, grâce au soutien bienveillant du personnel de la résidence Chartwell Waterford. Avec l’aide appropriée et la nouvelle routine mise en place par la résidence, Jill a été témoin de quelque chose d’inattendu : la personnalité de sa mère a peu à peu refait surface.

« Elle me dit qu’elle m’aime, révèle-t-elle, la voix légèrement brisée. Elle me parle de nouveau avec douceur. Cet aspect de son déficit cognitif s’est estompé, et ça change tout. »

Aujourd’hui, les journées de Rianne à la résidence se déroulent dans la sérénité. Elle se fait coiffer, socialise à l’heure des repas et vit dans un endroit assez familier pour qu’elle l’appelle le « club ». Elle n’a pas à se souvenir de tout elle-même ni à effectuer les tâches quotidiennes comme la cuisine et le ménage.

L’emménagement dans une résidence pour aînés a été un grand changement pour Rianne, mais aussi pour Jill.

« Je suis une tout autre personne maintenant, dit-elle. Je suis plus calme et plus heureuse. »

Soulagée de la responsabilité de prendre soin de sa mère, elle peut enfin respirer.

« C’est comme si un énorme poids s’était envolé. Ma mère est en sécurité maintenant, précise-t-elle. Je peux redevenir simplement sa fille. »

Elle ajoute ceci : « Cette décision a sauvé sa vie, et m’a redonné la mienne. »

Avec le recul, elle mesure à quel point il a été difficile de sortir sa mère de sa maison de toujours afin de l’installer dans une résidence pour aînés, et combien la situation était chargée en émotions. Mais aujourd’hui, une chose lui apparaît clairement.

« Je n’ai rien retiré à ma mère, dit-elle à propos de la vie en résidence. Je lui ai donné ce à quoi elle n’avait plus accès d’elle-même, comme la sécurité et le soutien. »

Son conseil aux personnes dans une situation semblable à la sienne?

« De l’autre côté de cette porte, un monde de possibilités vous attend, conclut-elle. Je vous le promets. »

Vous envisagez la vie en résidence pour aînés pour un proche? Voici par où commencer

Si le témoignage de Jill vous amène à envisager la vie en résidence pour un proche, sachez que vous n’êtes pas seul. De nombreuses familles cherchent des façons d’offrir à leurs proches de la compagnie, du confort et du soutien, tout en allégeant le poids des responsabilités quotidiennes.

Le meilleur moyen de déterminer si une résidence conviendrait à votre proche est de la visiter.

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Par où commencer?

Vous planifiez votre avenir ou celui d’un proche? Ce guide explique clairement vos options. Il vous aide à définir vos priorités et vous donne la confiance nécessaire pour passer à la prochaine étape, à votre rythme.

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