Conversations essentielles avec Dre Amy : Que faire si mes frères et sœurs ne m’aident pas à prendre soin de nos parents?

À l’âge adulte, les relations entre frères et sœurs peuvent apporter beaucoup de joie dans nos vies; mais pour certains, elles peuvent aussi être synonymes de douleur et de déception. D’après mon expérience, la prestation de soins à un parent vieillissant peut souvent faire ressortir nos différences et remettre en question nos relations familiales. Il n’est pas rare que les frères et sœurs ne s’entendent pas sur la meilleure façon de soutenir un parent vieillissant, mais il arrive aussi qu’ils soient en désaccord sur leur participation aux soins offerts à leurs parents.

Si vous pensez être la personne qui prodigue le plus de soins à vos parents, vous pourriez faire participer vos frères et sœurs et leur proposer des façons créatives d’offrir du soutien. Mais que faire si vous avez un frère ou une sœur qui refuse de vous aider avec votre parent?

Voici Lisa et David

Lisa, l’une de mes clientes, m’a consultée, car elle était très contrariée que son seul frère, David, ne l’aide pas à prendre soin de leur père. Ce dernier avait de plus en plus besoin de soins, ce qui était devenu trop exigeant pour elle. Lorsque nous nous sommes rencontrées, Lisa était furieuse contre son frère. Elle m’a confié qu’ils avaient toujours été proches et qu’elle sentait qu’il l’abandonnait au moment où elle avait besoin de son aide. Je lui ai suggéré que nous nous rencontrions tous les trois pour discuter de la situation.

Au cours de notre rencontre, Lisa a expliqué en détail à son frère les besoins de leur père en matière de soins et les tâches précises qu’il pourrait accomplir pour l’aider. David a répondu qu’il ne voulait pas faire de mal à Lisa, mais qu’il ne participerait pas aux soins. Il a ajouté qu’il avait toujours eu une relation difficile avec leur père et qu’il ne se sentait pas responsable de l’aider à présent. Même s’il a fini par accepter d’effectuer une ou deux petites tâches, cela n’a pas eu d’impact considérable sur la charge croissante qui pesait sur Lisa.

Le point de départ : une communication ouverte

Si vous êtes le principal proche aidant et que vous voulez que votre frère ou votre sœur vous aide davantage, je vous conseille de commencer par vous assurer que vos frères et sœurs sont bien informés de la situation et des besoins de vos parents. Proposez-leur des tâches précises. Souvent, ceci suffit pour qu’ils acceptent de participer davantage aux soins – mais pas toujours, comme dans le cas de Lisa.

Mettre l’accent sur l’aspect pratique

Lorsqu’un frère ou une sœur refuse clairement de vous donner un coup de main, je vous suggère, en tant que principal aidant, de vous concentrer sur l’aspect pratique : obtenir l’aide dont vous avez besoin pour donner les soins. Vous éclaircirez ce que vous ressentez envers votre frère ou votre sœur plus tard. Par exemple, dans le cas de Lisa, nous avons établi ensemble une liste des personnes qui pourraient accepter d’effectuer une ou deux tâches pour l’aider. Lisa a par la suite pris l’initiative de demander à l’une de ses amies, une bonne cuisinière, si elle pouvait préparer un ou deux repas par semaine pour son père. L’amie de Lisa a non seulement accepté d’apporter un souper chaque mardi, mais elle a également demandé à trois autres amis d’apporter un repas un autre soir de la semaine. Ce simple geste a permis à Lisa de se sentir allégée! Lisa a aussi découvert que son père était admissible à plusieurs heures par semaine d’aide du gouvernement. Elle a donc pris des dispositions pour ne plus avoir à aider son père à prendre son bain ou à nettoyer son appartement.

Souvent, nous nous concentrons tellement sur ce que nos frères et sœurs font ou ne font pas que le fait d’en discuter avec eux – qu’ils décident d’aider ou non – permet de libérer du temps et de l’énergie afin de trouver des solutions pour les soins. Il ne s’agit pas d’une solution de facilité ni de « laisser les frères et sœurs se tirer d’affaire », mais simplement de faire face à la réalité, même si elle ne correspond pas à ce que l’on espérait. Pour trouver des solutions créatives, il faut parfois s’asseoir avec un ami ou un professionnel qui peut offrir une nouvelle perspective.

Démêler les émotions

Une fois que Lisa a obtenu de l’aide pour les soins, elle a dû faire face à sa peine et à sa colère envers son frère et déterminer le type de relation qu’elle voulait dorénavant avoir avec lui. Cela n’a pas été facile. Lisa m’a dit qu’elle a pris conscience que son frère et elle ne partageaient pas certaines valeurs fondamentales au sujet de la famille et que cela l’attristait. Elle voulait maintenir sa relation avec David, mais elle n’était pas sûre qu’elle pourrait encore se sentir aussi proche de lui.

Bien qu’il soit impossible de prédire la réaction de nos frères et sœurs, avoir des conversations essentielles au sujet de la situation et leur demander de l’aide pour des tâches précises est le meilleur point de départ pour les encourager à participer aux soins. Quelle que soit l’issue de ces conversations, elles nous aident à cheminer pour obtenir le soutien dont nous avons besoin et à entretenir une relation authentique et honnête avec nos frères et sœurs.