Conversations essentielles avec Dre Amy : Continuer à mener une vie sociale satisfaisante durant la retraite

Vous avez peut-être remarqué que la question de la solitude fait couler beaucoup d’encre ces temps-ci. La Grande-Bretagne s’est récemment dotée d’une « ministre de la Solitude »*, à la suite des rapports ayant indiqué que 14 % de la population britannique serait touchée par ce phénomène. Au Canada, le Globe and Mail a publié, il y a peu, un article traitant des effets néfastes de la solitude sur la santé*.

Fait surprenant : la solitude a aussi un bon côté! Selon le Dr Abraham Palmer, professeur en psychiatrie à l’Université de Californie, à San Diego, « le sentiment de solitude peut être vu comme un signal d’alarme qui incite les gens à tisser des liens sociaux, tout comme la douleur causée par une brûlure les pousse à s’éloigner d’une flamme ». Le docteur nous suggère de ne pas voir le sentiment de solitude comme un mal inévitable qu’il nous faut endurer, mais comme le signe que nous devons changer nos habitudes.

Mais y a-t-il vraiment des solutions pour rompre la solitude? Absolument! Ce sentiment n’est pas irréversible; il est possible de l’éviter et de s’en défaire. Le sentiment de solitude n’est pas défini par le nombre de nos amis, ni par le temps que nous passons seuls. C’est plutôt un plus grand désir de compagnie.

En bref, si on se sent seul, il faut chercher à cultiver davantage de relations sociales. Avec l’âge, il se peut que nous devions prendre les devants pour nouer des relations qui nous font du bien, car souvent, certains événements de la vie amenuisent la trame sociale que nous avions auparavant tissée. La retraite, le décès d’un conjoint ou d’amis, le déménagement de proches ou d’amis et les problèmes de santé ou de mobilité peuvent entraîner un ralentissement de notre vie sociale. Il est d’ailleurs possible que nous ne nous rendions pas compte de l’ampleur du phénomène, jusqu’à ce que la solitude se fasse sentir.

Pourtant, notre vie sociale pourrait être à son apogée durant la retraite. Soulagés de nombreuses responsabilités que nous devions jusque-là assumer, nous pouvons désormais nous consacrer aux amis et aux loisirs que nous avions peut-être délaissés étant plus jeunes, par manque de temps. Il suffit de veiller à créer des relations sociales et à les entretenir, que ce soit pour éviter la solitude ou pour la surmonter. Il faut dire que le sentiment de solitude s’accompagne parfois d’une certaine inertie. En effet, il peut sembler difficile, dans un premier temps, de faire les démarches pour élargir notre réseau de connaissances. Or, nous avons tout intérêt à faire des efforts pour surmonter cette légère apathie, car les avantages dépasseront largement la gêne ressentie quand on recommence à interagir socialement.

Alors, que faire pour briser la solitude? Si vous vivez seul dans votre propre logement, vous devrez peut-être vous montrer proactif pour créer l’interaction sociale à laquelle vous aspirez. Si vous être physiquement autonome, vous pourriez faire du bénévolat pour côtoyer des gens qui partagent votre façon de penser. Vous pourriez également vous tourner vers des organismes communautaires spécialisés dans les activités récréatives et éducatives.

Pour éviter qu’un sentiment de solitude ou d’isolement ne s’installe, l’une des solutions consiste à vivre dans une communauté de gens qui vous ressemblent, comme une résidence pour retraités, où vous pouvez vous mêler aux autres à votre convenance. Dans ces résidences, pas besoin d’aller bien loin pour trouver quelqu’un à qui parler! De plus, il est rassurant de savoir qu’il y a toujours quelqu’un sur place pour vous aider en cas de problème. Les personnes vivant en résidence conservent leur intimité et choisissent quand et comment aller vers les autres, mais le mode de vie proposé, ainsi que les sorties et les événements organisés rendent plus aisé de rencontrer des gens et de nouer de nouvelles amitiés.

Si vous vous sentez seul, sachez que ce n’est pas inévitable; vous pouvez changer cela. Il est important de se faire des amis et d’avoir une vie sociale satisfaisante à tout âge. La bonne nouvelle, c’est qu’avec juste quelques efforts, vous pourrez goûter longtemps aux joies de l’amitié.

* En anglais seulement.

Dr AmyÀ propos de Docteure Amy D’Aprix

Docteure Amy est conseillère principale certifiée, vice-présidente de la Fédération internationale du vieillissement et cofondatrice de Essential Conversations Project. Travailleuse sociale auprès des aînés, elle œuvre auprès d’eux et de leurs familles depuis plus de 30 ans.