Étude de cas menée par Docteure Amy : Les avantages de vieillir dans une résidence pour retraités

J’ai récemment travaillé auprès d’une famille dont les parents vivaient encore dans la maison où ils avaient vécu depuis plus de 45 ans. Comme de nombreuses personnes, Ben et Margaret* étaient persuadés qu’ils ne voudraient jamais quitter leur maison. Ils n’étaient pas disposés à envisager d’autres options. Puis, Margaret est tombée et s’est cassé une jambe; comme il s’agissait d’une mauvaise fracture, elle ne pourrait ni monter ni descendre les escaliers pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. De plus, Ben n’était pas capable de s’occuper de toutes les tâches ménagères sans l’aide de sa femme. Après avoir pesé le pour et le contre de leur situation, ils ont décidé de déménager dans une résidence pour retraités pendant la convalescence de Margaret, dans l’intention de rentrer chez eux le plus tôt possible.

Pendant leur séjour dans la résidence pour retraités, Ben et Margaret ont découvert que leur vie était devenue plus facile. Margaret avait toujours adoré cuisiner, mais au cours des dernières années, c’était devenu plus un fardeau qu’un plaisir. Ils étaient convaincus qu’ils n’aimeraient pas la nourriture, et ils ont été agréablement surpris de découvrir qu’ils aimaient la qualité et la variété des mets. Ils ont aussi réalisé qu’ils disposaient de plus de temps pour faire les choses qu’ils aimaient, puisqu’ils n’avaient pas de corvées ménagères ni d’entretien de maison à faire.

Ben et Margaret ont apprécié l’intimité que leur procurait leur appartement, mais aussi les occasions de socialiser avec les gens. Pour Margaret, c’était particulièrement important d’avoir des gens autour d’elle, car elle avait toujours participé à de nombreuses activités communautaires. Au cours des dernières années, elle avait cessé la plupart de ces activités, car il lui était de plus en plus difficile de conduire, surtout en hiver, à cause de sa mobilité réduite.

À mesure que le retour à la maison approchait, ils ont réalisé que la vie dans la résidence pour retraités leur apportait plus d’autonomie et de liberté et moins de stress et de tracas. Margaret et Ben ont donc décidé de vendre leur maison et de rester.

Une fois sa jambe totalement guérie, Margaret a commencé à participer aux nombreuses sorties qui étaient offertes. Elle s’est fait des amis et a pris conscience qu’elle avait été isolée dans sa maison. Margaret et Ben avaient continué de recevoir régulièrement la visite de leurs enfants, mais un grand nombre de leurs amis avaient déménagé ou faisaient face à des problèmes de santé et de mobilité.

Environ six mois plus tard, Ben a été victime d’un accident vasculaire cérébral bénin et a eu besoin de soutien pendant sa réadaptation. Heureusement, la résidence pour retraités offrait des soins personnels; ils n’ont donc pas eu besoin de déménager.

Au cours des deux années suivantes, Margaret a également eu quelques problèmes de santé qui ont nécessité une hospitalisation. Elle et ses enfants se sont sentis rassurés de savoir que Ben n’avait pas à se tracasser pour les repas et que des gens allaient prendre soin de lui jusqu’à ce que Margaret retourne à la résidence.

Lorsque Margaret s’est éteinte, les enfants étaient soulagés que leur père vive déjà dans une résidence pour retraités. Il avait toujours été un peu timide et comptait sur Margaret pour organiser leur vie sociale. Ils savaient que si leur père avait encore vécu dans son ancienne maison, il aurait été isolé et seul. À la résidence pour retraités, il a continué de prendre ses repas avec les mêmes personnes et de socialiser avec les amis qu’il avait en commun avec Margaret. Grâce au soutien qu’il a reçu, Ben a pu faire face beaucoup plus facilement à la perte de sa femme.

Jenn et Brian, les enfants de Ben et de Margaret, m’ont raconté comment ils étaient surpris du soulagement qu’ils avaient éprouvé lorsque leurs parents avaient décidé de vivre en résidence. Avant le déménagement de ces derniers, Jenn donnait un coup de main pour faire l’épicerie et la cuisine lorsque sa mère n’allait pas bien. Quant à Brian, il s’occupait des nombreuses réparations dans la maison. Après le déménagement, les visites ne tournaient plus autour de ces corvées. Au lieu de cela, ils invitaient souvent Margaret et Ben au restaurant ou chez eux, ou restaient à la résidence et jouaient aux cartes avec eux. Jenn et Brian ont le sentiment d’avoir profité pleinement des dernières années de leurs parents, plutôt que de seulement les aider à gérer leur vie.

Ben et Margaret sont comme de nombreuses personnes que j’ai appris à connaître au fil des ans. Ils étaient réticents à quitter la maison familiale dans laquelle ils vivaient depuis des décennies, mais après avoir emménagé dans une résidence pour retraités, ils ont regagné leur liberté et leur autonomie. En cas de problèmes de santé, les résidences pour retraités peuvent souvent s’adapter aux besoins changeants, ce qui permet de « vieillir chez soi ». Ces avantages s’étendent aux membres de la famille qui, peut-être, ont consacré beaucoup de temps et d’énergie à faire en sorte que leurs parents puissent continuer à vivre dans leur maison. Si vous choisissez une résidence pour retraités offrant des soins évolutifs, comme l’ont fait Ben et Margaret, vous aurez l’esprit tranquille en sachant que si vos besoins ou ceux de votre conjoint changent, le personnel que vous connaissez déjà et à qui vous faites confiance peut vous offrir des services adaptés, sans que vous ayez à déménager.

La vie en résidence a été une bonne solution pour Ben et Margaret, puisqu’elle leur a permis d’avoir un mode de vie sans tracas et de passer du temps ensemble à faire des activités qu’ils aimaient. Les relations deviennent souvent plus faciles et plus agréables lorsqu’on est moins stressé.

Peut-être que vous vous demandez aussi si c’est le moment de prendre une décision. Répondez au sondage « Suis-je prêt? » de Chartwell pour évaluer si le moment est venu de vivre en résidence.

*Tous les noms ont été modifiés par souci de confidentialité.

Dr AmyÀ propos de Docteure Amy

Madame Amy D’Aprix, docteure en travail social, spécialisée en gérontologie est Conseillère principale certifiée, Vice-présidente de la Fédération internationale du vieillissement et Cofondatrice de Essential Conversations Project. Elle œuvre auprès des aînés et de leurs familles depuis plus de 30 ans.