Conversations essentielles avec Dre Amy : Pourquoi mes frères et sœurs ne s’entendent-ils pas sur la façon de s’occuper de nos parents?

J’aimerais commencer ce billet en vous racontant l’histoire de certains de mes clients.

Voici les MacMaster

Joan et Eddie MacMaster* ont trois enfants d’âge adulte : Michael, Joanne et Gail. Michael habite à environ 15 minutes de chez ses parents et ses sœurs vivent dans d’autres provinces. Bien que Joan et Eddie soient encore en bonne santé, leurs besoins augmentent avec l’âge. Michael passe les voir presque tous les jours pour vérifier s’ils vont bien et leur fournir de l’aide. Comme la santé et la mobilité de ses parents se détériorent, Michael assume de plus en plus de responsabilités, y compris l’épicerie et l’entretien ménager. Dernièrement, il a commencé à penser qu’il devrait peut-être discuter avec eux de la possibilité de vivre dans une résidence. Leurs problèmes de mobilité les empêchent de socialiser avec leurs amis autant qu’ils le voudraient, et il a remarqué que les tâches ménagères quotidiennes deviennent de plus en plus difficiles pour eux et qu’elles leur demandent beaucoup plus d’énergie que par le passé. Il constate que tout cela a un impact sur eux.

Michael a décidé de parler à ses sœurs avant d’aborder la question de la vie en résidence avec ses parents. Il présumait qu’ils verraient tous la situation de la même manière. À sa grande surprise, Joanne s’est opposée fermement à ne serait-ce qu’une discussion sur ce sujet avec leurs parents. Elle lui a dit que lorsqu’elle leur parle au téléphone, ils vont très bien et semblent toujours optimistes et heureux. Elle a ajouté qu’elle ne voulait pas qu’ils quittent leur maison, qui est, à ses yeux, la « maison familiale ». Lorsque Michael a parlé à Gail, elle s’est montrée un peu moins catégorique sur le fait que leurs parents devraient rester dans leur maison actuelle. Cependant, Michael a eu la nette impression qu’ell trouvait qu’il réagissait de façon excessive et que les choses n’étaient pas si difficiles pour leurs parents. Sans être totalement en désaccord avec son évaluation de leur situation, elle était loin de l’appuyer sans réserve.

La « trajectoire de l’acceptation »

Les MacMaster sont tout à fait typiques : le frère et ses deux sœurs ont une vision différente des besoins de leurs parents et de la meilleure façon de répondre à leurs besoins. En fait, il est important de comprendre que le frère, ses sœurs et les autres membres de la famille peuvent se situer à différentes étapes de la trajectoire d’acceptation, et ce, pour diverses raisons : ils n’ont pas les mêmes informations sur la situation des parents, et leurs perspectives, leurs attentes ainsi que leurs objectifs sont divergents. Il peut donc être très difficile, pour eux, d’unir leurs efforts pour veiller aux intérêts de leurs parents vieillissants. Toutefois, même s’ils ne sont pas, au départ, sur la même longueur d’onde, ils peuvent parvenir à améliorer leurs relations et la façon dont ils s’entraident pour soutenir leurs parents.

Essayer de trouver un terrain d’entente

En premier lieu, il est important de reconnaître qu’il est normal d’avoir ces différences et de ne pas accroître la tension en présumant que les autres membres de la famille ont tort. Il vaut mieux se dire qu’ils doivent avoir de bonnes raisons pour défendre leur point de vue et garder en tête ce conseil de Stephen Covey : « Chercher d’abord à comprendre, ensuite à être compris ». Dans le cas des fratries, cela signifie que chacun doit écouter les autres pour essayer de comprendre leurs points de vue et les raisons qui les sous-tendent. N’oubliez pas : les parents communiquent souvent des informations partielles à chacun de leurs enfants et décrivent leurs besoins différemment en fonction de leur relation avec eux.

En deuxième lieu, il peut être utile de garder en tête que chacun a une perception différente de la situation. Le frère ou la sœur qui vit près de chez ses parents voit généralement le « film en continu » de la vie de ses parents, incluant les bons jours et les moins bons jours. En revanche, les frères et sœurs qui habitent loin n’ont droit qu’à un « instantané » lors de leurs conversations téléphoniques et de leurs visites moins fréquentes. Les parents peuvent être au meilleur de leur forme lors d’appels téléphoniques ou de visites pour des occasions spéciales. Pour cette raison, les frères et sœurs qui vivent à distance ont souvent une image beaucoup plus positive que la situation réelle. En comprenant cela, ces derniers peuvent mieux saisir le point de vue des frères et sœurs qui habitent à proximité de chez leurs parents.

Troisièmement, une fois que toute la fratrie s’entend pour dire que chacun n’obtient peut-être pas la même information en fonction de l’endroit où il vit et de sa relation avec ses parents, il est important que le frère ou la sœur qui est le plus impliqué trouve des moyens de mieux informer ceux qui vivent à distance. Il pourrait par exemple prévoir des échanges réguliers dans le cadre d’appels ou de courriels de groupe pour leur décrire les besoins quotidiens de leurs parents ainsi que toutes les tâches dont il s’acquitte pour y répondre. Cela contribuera à établir une base plus claire en matière d’information pour discuter des solutions possibles aux nouveaux besoins.

Enfin, si les frères et sœurs ont encore de la difficulté à s’entendre sur les besoins actuels de leurs parents, ils pourraient envisager de demander à un travailleur social ou à un autre professionnel de la gérontologie d’évaluer la situation pour avoir un avis plus impartial.

Il peut sembler très difficile d’avoir des points de vue divergents de ceux de nos frères et sœurs. La bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas insurmontable. En prenant les mesures ci-dessus, les membres d’une fratrie peuvent se rapprocher et avoir des relations plus harmonieuses pour soutenir leurs parents tous ensemble. *Les noms ont été changés pour des raisons de confidentialité